fédération des arts de la rue i.d.f

c/o Maison des réseaux artistiques
et culturels
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La Fédération des Arts de la Rue en Île-de-France a organisé, le 1er février 2007, sa septième Rencontre professionnelle départementale. Après Paris, l’Essonne, Les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val d’Oise, c’était au tour du département de la Seine-et-Marne d’accueillir cette nouvelle rencontre dédiée aux arts de la rue.

LES ORGANISATEURS:

La Fédération des arts de la rue en Île-de-France a conçu et mis en scène cette Rencontre en Seine-et-Marne avec le soutien d’Act’Art (Association partenaire du Conseil Général de Seine-et-Marne dans le domaine culturel et artistique), de la Ville de Chelles, du Théâtre de Chelles et de la « Troupe Éphémère ».

LES OBJECTIFS DE LA RENCONTRE

Le département de la Seine-et-Marne se caractérise par les problématiques d’un territoire très étendu, l’alternance d’exploitations agricoles, d’activités industrielles, de petites communes rurales, de concentrations urbaines issues des politiques d’aménagements du territoire avec la création de villes nouvelles. Marquée par une faible densité (208 habitants au km2), la Seine-et-Marne a tout de ce que l’on appelle un territoire « rurbain ».

Au plan culturel, aux côtés des équipements structurants, des évènements pluridisciplinaires et itinérants dépassent les limites administratives des communes, fédèrent et renouvellent le lien à la population à l’instar de Scènes Rurales initiées par le Conseil Général 77. Dans le contexte de développement culturel du département seine-et-marnais, les arts de la rue semblent proposer des modes artistiques et culturels concordant avec les nécessités de ce territoire rurbain.

L’objectif premier de la Rencontre était donc de démontrer les atouts des arts de la rue en territoire rurbain

De sensibiliser les décideurs de la vie culturelle du territoire aux arts de la rue en leur présentant les particularités, la richesse, l’économie du secteur

De permettre la mise en relation entre les compagnies et les décideurs culturels

De susciter des collaborations artistiques et culturelles à l’échelle du territoire

LE PUBLIC

La Rencontre professionnelle était, avant tout, destinée :

 Aux élus des collectivités locales et territoriales en Seine-et-Marne
 Aux directeurs de services culturels en Seine-et-Marne
 Aux directeurs de structures et d’équipements culturels en Seine-et-Marne
 Aux compagnies franciliennes

90 personnes se sont inscrites à la Rencontre parmi lesquelles 67 sont effectivement venues. 40 personnes liées à la Fédération des arts de la rue en Île-de-France (Troupe Éphémère, techniciens, guides) ont participé à la Rencontre. 11 intervenants ont participé aux tables rondes. Au total, 118 personnes étaient présentes lors de la Rencontre.

 

LE DÉROULEMENT DE LA RENCONTRE

14h : Accueil des participants

14h30-16h : Parcours exploratoire ludique et artistique

Un groupe de 30 personnes de la « Troupe Éphémère » ont mis en place et animé le parcours.

Le public a pu ainsi déambuler à travers cinq tableaux artistiques, pédagogiques et ludiques :
  • « Scénographie, les arts de la rue à travers la ville » avec la reconstitution d’une ville-maquette comportant des dispositifs
  • « Sur les bancs de l’école, cours d’économie »
  • « Cartographie, photographie du paysage des arts de la rue en Seine-et-Marne
  • « Historique des arts de la rue de l’Antiquité à nos jours »
  • « Écologie sonore urbaine, une visite guidée des curiosités acoustiques locales »

Le long de ce parcours, le public a pu découvrir trois expositions photos : celle de Vincent Muteau, photographe complice des coulisses et des voyages des compagnies de rue, celle de Florence Delahaye, photographe de cirque et celle de Gaëlle Guillou sur le festival de rue « À Chelles Ouvert ». Un diaporama composé d’une cinquantaine d’images prêtées par les compagnies franciliennes, et monté par Laetitia Lafforgue, a été projeté tout au long de la journée.

L’objectif du parcours est d’éclairer les participants sur les problématiques et les modes artistiques à l’œuvre dans les arts de la rue : relation à l’espace public, au public, à la déambulation.

Plusieurs personnes de la « Troupe Éphémère » ont fait le constat que le public est resté très sérieux lors du parcours en comparaison avec les précédentes rencontres départementales. Cette distance peut-elle s’expliquer par le fait que peu de participants étaient familiers des arts de la rue ? Ne connaissant pas les codes artistiques du champ, beaucoup de personnes semblent être restées spectatrices, en « mode découverte », sans nécessairement entrer dans le jeu des comédiens. Par ailleurs des participants ont, semble-t-il, mal compris le sens de ce parcours ludique et parfois s’attendaient à ce que les compagnies présentent des extraits de leurs spectacles (les supports de communication étaient-ils suffisamment précis ?)

16h : Goûter – concert avec la Fanfare de la Troupe Éphémère (participation des Grooms et des Costards).

Le goûter est un temps collectif pour permettre des échanges entre les participants, les membres de la Fédération des arts de la rue en Île-de-France et les membres de la Troupe Éphémère. Lors des précédentes rencontres départementales, ce temps collectif se déroulait lors d’un déjeuner le midi. Plusieurs membres de la Fédération et de la Troupe Éphémère ont regretté qu’il n’y ait pas cette fois-ci de déjeuner commun permettant des discussions plus détendues et plus poussées.

17h15 : Débats et échanges autour de trois tables rondes

Table ronde n°1

Histoire des arts de la rue et enjeux économiques de ce secteur artistique

Modérateur : Pierre Prévost, directeur artistique de la compagnie Acidu

Intervenants :
Jacques Livchine : Directeur artistique du Théâtre de l’Unité
Elena Dapporto : Ministère de la Culture et de la Communication, auteure de « Les arts de la rue. Portrait économique d’un secteur en pleine effervescence »

L’assistance était composée d’une trentaine de personnes parmi lesquelles des professionnels des arts de la rue, des directeurs de théâtre, des représentants de comités de fêtes et municipalités cherchant à ouvrir leur programmation.

La table ronde a débuté par une présentation des deux intervenants. Puis, Jacques Livchine et Elena Dapporto se sont interrogés sur les conditions qui ont présidé à l’émergence des arts de la rue et leur montée en puissance. Elena Dapporto apportant une parole d’universitaire et Jacques Livchine, son vécu d’artiste. Plusieurs thèmes ont été ensuite abordés : réflexion sur la pertinence du terme « arts de la rue » pour désigner le champ artistique, le rapport particulier au public, la capacité d’intervention élargie, structuration versus esprit de rébellion, l’importance du bénévolat dans les arts de la rue.

Tous les participants se sont exprimés au moins une fois pour faire part de leur expérience personnelle ou exemplaire.

 

Table ronde n°2

Atouts des arts de la rue dans le cadre du développement culturel d’un territoire

Modérateur : Mark Etc, directeur artistique du groupe Ici-Même (Paris)

Intervenants :
Philippe Saunier-Borrell, directeur des « Pronomade(s) » (Haute-Garonne)
Anne Habermeyer, programmatrice du festival « La Sarre à Contes» (Moselle)
Bernard Bellot, directeur artistique de la compagnie Le Samu (Seine-Saint-Denis)

 

Autour de trois témoignages singuliers, cette table ronde proposait d’éclairer trois propriétés essentielles des arts de la rue : l’art de la mobilité, l’art du contexte, l’art de la rencontre.

L’assistance était composée d’une trentaine de personnes. Les 3 intervenants étaient représentatifs de l’arc des professionnels investis dans la programmation d’œuvres en espace public dans un territoire « rurbain » ou rural : un artiste dont la compagnie est chargée d’organiser des évènements ponctuels avec des invités, une programmatrice issue d’une compagnie positionnée sur la valorisation de territoire, un programmateur dont la saison des arts de la rue et autres formes succède à un rendez-vous plus concentrique. Excepté Bernard Bellot dont la démarche est clairement affiliée aux arts de la rue avec des dispositifs qui privilégient le travail de l’acteur, les autres intervenants ont tenu à resituer les arts de la rue dans l’ensemble d’une démarche culturelle de territoire ouverte à toutes les disciplines.

Bernard Bellot a eu une parole imagée et généreuse, Anne Habermeyer pédagogue et énergique a décrit avec précision la mise en œuvre de sa programmation en Mayenne, Philippe Saunier-Borrell a réaffirmé des positions et des concepts clairs et argumentés, en revenant notamment sur "la résidence de diffusion", terme qu'il emploie pour désigner le temps d'adaptation et/ou de reprise d'une œuvre en fonction des caractéristiques du territoire.

Cette rencontre a permis d'esquisser significativement les atouts et réalité auxquels chacun de ces professionnels sont confrontés dans leur position de développeurs culturels. En effet, par-delà les actes de programmation et les recettes, il ressort que chacun témoigne d'un souci de développement culturel qui passe par l'invention de rituels, l'intégration des supports de proximité et parfois la présence artistique durable.

 

Table ronde n°3

Espace public : environnement technique et sécurité

Modérateur : Gentiane Guillot, Chargée de conseil et de formation aux compagnies dans les domaines administratif, juridique et fiscal à HorsLesMurs. Membre du groupe de travail chargé de rédiger « le guide des bons usages de l’organisation d’un événement dans l’espace public » dans le cadre du Temps des Arts de la Rue.

Intervenants :
Caroline Loire, Chargée de la programmation artistique de théâtre de rue du festival Onze Bouge
Christian Geschvindermann : décorateur, a notamment participé à Nuit Blanche 2005

L’assistance était composée d’une quinzaine de personnes. La table ronde proposait d’aborder les modalités d’accueil et la mise en œuvre technique d’un spectacle ou d’interventions artistiques dans l’espace public. Les questions liées à la sécurité représentent de vraies contraintes pour les compagnies, les organisateurs, les collectivités. Ces contraintes ne sont cependant pas insurmontables. Les intervenants ont tout d’abord exposé les questions essentielles que doivent se poser les organisateurs et les compagnies désirant travailler dans l’espace public. Puis, ils sont revenus sur la nécessité de collaborer et d’échanger avec les professionnels de terrain qui ont la connaissance des lieux, les habitants et la collectivité accueillante car l’appui politique est indispensable pour la bonne conduite du projet. Les participants ont posé des questions techniques liées aux autorisations, à la présence du public sur ou dans des installations, aux modalités du repérage.

La table ronde s’est conclue sur des messages adressés par les artistes aux collectivités locales : l’importance des conditions d’accueil des compagnies, la nécessité de répercuter dans les prix de cession le coût lié au respect de la sécurité et de la réglementation par les compagnies.

 

20h : Conclusion et apéritif