Une édition aussi frigorifique que la première (décidément…) avec environ 200 participants et une montée en puissance certaine tout au long de ces deux jours, malgré la neige du vendredi après-midi.


2ème Université Buissonière des arts de la rue... par fedeartdelarue

Après le coup d’éclat revendicatif et convivial de la Ruée Libre pour une politique culturelle réinventée, nous avions pour but, dans cette université, d’étayer cette revendication par quelques pistes qui en préfigureraient la réalisation. Exercice à l’évidence plus difficile que celui des doléances.

Après une visite très suivie de la Cité des Arts et des différentes structures qui la composent (visite qui fut d’ailleurs renouvelée le lendemain), nous nous sommes retrouvés en après-midi dans le local de Générik Vapeur pour une première session plutôt dense autour d’un panel de pratiques et de montages d’interventions spécifiquement Arts de la Rue choisies par les Fédérations régionales. 
Quinze intervenants à la tribune, opérateurs, acteurs et partenaires territoriaux : ça laissait malheureusement trop peu de place aux questions et commentaires mais le paysage dessiné, assez complet (incluant entre autres la programmation de Marseille 2013 : sujet à polémiques…), a fourni une matière précieuse pour la suite des rencontres. A noter en particulier la dernière table ronde de la journée, autour de la mutualisation, l’économie solidaire et la transmission, qui fut à la fois porteuse d’émotion et plongée directe sur le concret du concret de notre profession. L’apéro offert par le Président de l’Apcar (P. Berthelot) et la foire aux Utopies concrètes proposée par la fédé IDF clôtura cette après-midi studieuse avant le repas en commun et la très rock’n’roll Boum du soir qui se prolongea tard.

C’est le lendemain matin avec l’atelier basé sur les passerelles, le décloisonnement et la co-construction, que les débats prirent vraiment leur envol avec la présence de Francis Peduzzi (le Channel), Alban Cogrel et Brigitte Trémelot (les Articulteurs) Philippe Chansigaud (Conf. Paysanne Bouche du Rhones) Vincent Lalanne (Canoppea) Sébastien Cornu (Fédurock) et Jean François Burgos (FNCC). Un échange de haute tenue qui porta sur les intérêts et dangers de la mutualisation, pièges et nécessités de l’évaluation, les critères et l’écriture, l’urgente nécessité de prendre le temps, les mises en cohérence artistique, les protocoles créateurs, la baisse de la critique artistique au profit de la notoriété, la culture comme moteur économique, le contournement pernicieux des acteurs, l’urgence du décloisonnement y compris dans nos têtes. Une matinée très riche qui confirme l’intérêt pour nous de partager et d’élargir nos réflexions au-delà de notre secteur.

Pour la dernière après-midi nous avions reçu une réponse positive de tous les partis républicains, y-compris l’UMP en la personne de l’adjoint à la culture de Marseille (Daniel Hermann) le Modem (JL Benhamias) le PS (Patrick Menucci), le Nouveau Centre, le Front de Gauche, les Verts. Mais la neige vint (doucement) et la préfecture décida (brutalement) de bloquer la circulation des navettes et sur les autoroutes. Du coup, cet après-midi qui devait couronner cette université et vers laquelle tout le programme était orienté s’en est trouvé fortement amputé. Les ¾ de nos invités se trouvèrent dans l’incapacité de nous rejoindre et une partie des participants dut quitter la cité prématurément. Mais la table-ronde fut maintenue avec la présence de Claire Aussilloux (présidente de la FNADAC PACA), Nicolas Roméas (Cassandre Hors-champ), Ferdinand Richard (EELV), Jean-Jacques Barey (Front de Gauche) et JF Burgos représentant officieusement le PS. Un débat cordial, très animé et où nous abordâmes crânement le champ du politique avec toutes les complexités que ça induit, sans oublier le statut dit de l’intermittence mis en cause récemment dans le dernier rapport de la cour des comptes. A noter à ce propos une intervention intéressante de Claire Aussilloux faisant le lien entre un intermittent et une librairie de quartier, un chemin de réflexion que nous aurions tout intérêt à parcourir. L’Europe, l’agenda 21, les droits culturels furent également au menu avec un Ferdinand Richard précis et passionnant.

Quelques phrases relevées au fil de ces deux jours : 
« la désorganisation ouvre la porte au secteur marchand » (Samira El-Alaoui) 
« la circulation est un atout de la ville » (J. Digne) 
« Nos jargons nous fragilisent » (Vincent Lalanne) 
« Les politiques publiques ne peuvent se réduire aux labels » (Sébastien Cornu) 
« Prendre le temps de se poser les bonnes questions » (B. Tremelot) 
« le bio, le beau, une même question de démocratie » (P. Chansigaud) 
« Ne pas confondre l’étude d’impact avec l’évaluation » (JF Burgos) 
« les politiques, c’est nous » (Anne Guiot) 
« la biodiversité, la diversité culturelle et le pluralisme, une même problématique » (F. Richard) 
« Nos politiques culturelles sont surchargées : de l’air et de la place pour les propositions artistiques » (P. Sauvageot)
Deux jours qui sont passés fort vite en fait et qui, devant la multiplicité des sujets abordés, ont pu laisser un sentiment d’inachevé, voire de frustration chez certain(e)s. Néanmoins, à l’heure où les débats sur la culture devraient se multiplier, il n’était pas inutile de montrer qu’au sein de ces débats, nous avions une parole et une réflexion à porter, et une crédibilité à en faire partie. Même si on aurait pu évidemment imaginer une édition plus participative, les réponses à nos invitations, les liens que nous avons tissés avec d’autres structures à cette occasion, ne seront pas du luxe pour faire bouger les lignes.

Un remerciement enfin, chaleureux, aux adhérents de la FARSE et de l’APCAR (FAI AR, Lieux Publics, Karwan, Lézarapart, Gardens, Générik, Sud-side) qui nous ont reçus avec disponibilité, entrain et énergie tout au long de ces deux journées. Malgré la difficulté, l’organisation de cette université fut impeccable. Merci à tous ceux qui y ont œuvré.

Suivez la visite de la cité des arts de la rue à Marseille menée par Michel Crespin (Lieux Publics) et Pierre Berthelot (Générik Vapeur)
Cette vidéo a été captée le 9 février 2012 en ouverture de la 2ème Université Buissonnière des arts de la rue organisée par la Fédération des arts de la rue.


Visite de la cité des arts de la rue (1 sur 7... par fedeartdelarue